La quête de la licorne- Expédition Arctique 2020-2024

Menée par la Fondation Pacifique, organisation sans but lucratif reconnue d’utilité publique, l’expédition Arctique 2020-2024 consiste en un tour de l’océan Arctique, d’est en ouest, à bord du Mauritius, une goélette de 30m en acier.  L’expédition a pour but de mieux comprendre l’impact humain sur les océans et de sensibiliser aux enjeux de développement durable.

J’ai proposé à la Fondation de réaliser un projet qui s’inscrit dans la philosophie de cette expédition et qui va me permettre de partir en quête de la Licorne

J’embarquerai donc, l’été prochain, à bord du voilier le long de la côte ouest du Groenland, entre la Baie de Disko et Resolute Bay (Canada), les régions les plus propices du globe pour tenter d’étudier le narval, un animal dont la discrétion a participé à la légende.

Le narval (Monodon monoceros) est un cétacé du Haut-Arctique, parfaitement adapté à des conditions environnementales extrêmes. Présent à la frange de la banquise, il est difficile à observer car discret, et assez rare. Si l’on connait un peu sa répartition et ses couloirs de migration, de grands pans de son écologie restent encore inconnus.

Il est un symbole de l’Arctique. Au confluent des thématiques animalière, culturelle et économique de la région, ce petit cétacé a longtemps fait vivre les populations autochtones et fantasmer les Occidentaux qui ont pris sa longue dent pour une corne de l’animal légendaire qu’est la licorne.

Aujourd’hui, il incarne un autre symbole : celui d’un Arctique en pleine mutation sous l’effet de l’activité humaine. J’aimerais raconter sous forme d’un récit de voyage, illustré par mes images, cette quête de la Licorne des mers…

Capsule 4 : En quête du narval avec Pierre Baumgart

Un premier voyage a eu lieu durant l’été 2020.

L’expédition a démarré début juin à Douarnenez, en France, d’où le voilier a mis le cap vers la Manche et la mer du Nord jusqu’à Tromsø, au nord de la Norvège. Mon embarquement depuis Longyearbyen, au Svalbard, devait débuter par une dizaine de jours de cabotage le long des côtes ouest et nord de l’archipel. Notre voilier aurait dû suivre le front de la banquise, traverser les eaux du détroit de Framm avant de rejoindre le parc National du Nord-Est du Groenland puis de longer la côte est de la péninsule pour rejoindre la ville d’Ittoqorttormitt dans le Scoresby Sund.  Après l’exploration du Scoresby Sund et des visites à terre, le voilier aurait dû reprendre la mer pour longer la côte au sud du fjord avant de bifurquer vers l’Islande… mais l’année 2020 a été particulière à maints égards : des problèmes liés à la pandémie (difficultés de déplacements pour rejoindre le bateau et quarantaine), des procédures administratives complexes pour la navigation dans des eaux nationales, ainsi que les conditions météorologiques inédites (quantité de glace exceptionnelle au mois d’août devant le Scoresby Sund) nous ont contraints à redéfinir notre itinéraire et ne nous ont pas permis de suivre celui du projet initial. Le nord et le nord-est de l’archipel du Svalbard, le détroit de Framm et les alentours du Scoresby Sund, autant de sites favorables à une présence éventuelle de narvals, n’ont pas pu être prospectés durant cette expédition 2020. La quête de la licorne se poursuit.